MONCTON (GNB) – Le Bureau du défenseur des enfants, des jeunes et des aînés a rendu public son Rapport annuel sur l’état de l’enfance à l’occasion du 11e Cours d’été international relatif aux droits de l’enfant, qui a lieu cette semaine à l’Université de Moncton.

Le rapport comprend une analyse des données publiées l’automne dernier dans le Cadre des indicateurs des droits de l’enfant. Il comprend également cinq recommandations, et il se penche sur certains des défis auxquels font face les enfants vivant avec un handicap ainsi que sur le respect de leurs droits.

« D’après plusieurs indicateurs des droits de l’enfant, les enfants handicapés de notre province sont défavorisés par rapport aux enfants neurotypiques ou non handicapés », a déclaré le défenseur, Kelly Lamrock. « Un enfant qui a du mal à lire et qui perd foi en l’école; un enfant dépassé par les dédales des tribunaux; un enfant pris en charge, en mal d’une famille; et un enfant handicapé qui a besoin d’aide pour avoir des amis, des activités et des aspirations comme ses camarades… Ce sont là des exemples d’enfants qui comptent sur nous pour considérer leurs intérêts comme des impératifs. Quand le gouvernement peut aider, l’enfant passe souvent derrière les gens qui votent, s’organisent, font des dons et s’expriment. Quand le gouvernement doit d’emblée impérativement aider, il y a de l’espoir. »

Les données révèlent des taux déclarés de sentiment d’insécurité à l’école plus élevés, des taux déclarés de sentiment d’appartenance à l’école plus faibles, et des taux de participation moins élevés aux activités parascolaires, comme les sports.

Une des recommandations invite le ministère du Développement social à élaborer une méthode de collecte de données plus robuste pour évaluer la manière dont ses programmes soutiennent les jeunes ayant un handicap et assurent le respect de leurs droits.

Le rapport demande également au procureur général de prier le directeur des poursuites publiques de prendre connaissance de l’observation générale no 24 du Comité des droits de l’enfant. Celle-ci peut servir de guide à la mise en œuvre globale de la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies, particulièrement en ce qui a trait à l’intervention précoce et à la prévention pour éviter que les enfants aient des démêlés avec le système de justice pénale.

« Cela devrait être fait dans l’optique d’instaurer des mesures pour protéger les droits des enfants lors de procédures judiciaires, particulièrement en ce qui concerne l’utilisation de tous les autres moyens pour éviter de poursuivre des enfants présentant des retards de développement neurologique, a affirmé M. Lamrock. Bien que ces indicateurs soient préoccupants, le manque flagrant de renseignements sur la situation des enfants ayant des besoins spéciaux, à l’égard de plusieurs autres indicateurs, est tout aussi alarmant. Il n’y a pas d’information sur le nombre d’enfants à besoins spéciaux qui sont en garde fermée ou ouverte. En fait, il n’y a aucune donnée sur la fréquence à laquelle les enfants neuroatypiques ou handicapés ont affaire au système de justice pénale pour les jeunes. Très peu de données sont disponibles sur le soutien donné par le ministère du Développement social aux enfants et aux jeunes ayant un handicap et leurs familles, et sur son efficacité. »

Le Cours d’été international relatif aux droits de l’enfant est une activité annuelle où les professionnels qui travaillent auprès des enfants ou qui font la promotion de leurs droits offrent des séminaires en collaboration avec le service de la formation continue de l’Université de Moncton. Les participants ont la possibilité de faire du réseautage et de partager leur expérience et leurs connaissances avec d’autres spécialistes du domaine de la défense et de la protection des droits de l’enfant.