FREDERICTON (GNB) – Le Bureau du défenseur des enfants, des jeunes et des aînés a rendu public son rapport final sur les services de santé mentale et de prévention du suicide chez les jeunes, intitulé Le meilleur de ce que nous avons à offrir. Ce rapport fait suite à la demande d’examen indépendant formulée par la ministre de la Santé après le décès de Lexi Daken, une adolescente âgée de 16 ans de la région de Fredericton.

Le rapport découle de la recherche de documents gouvernementaux; des consultations publiques menées auprès de plus de 250 personnes; des commentaires formulés par plus de 4000 personnes qui ont répondu à un sondage communautaire; des documents officiels présentés par des professionnels et des intervenants; ainsi que des conseils du Comité consultatif des jeunes, du Conseil consultatif des intervenants et du Conseil consultatif des Premières Nations.

Voici certaines conclusions de l’examen :

  • Il existe un manque de formation appropriée en santé mentale dans les milieux de soins actifs pour les jeunes.
  • Il existe un manque de services spécialisés dotés de ressources adéquates.
  • Il existe un manque de pratiques normalisées concernant l’évaluation du risque de suicide dans les salles d’urgence.
  • Il existe une pénurie chronique de psychologues et de psychiatres.
  • Il existe une trop grande dépendance à l’égard des soins offerts par le système de santé en situation de crise, ainsi qu’un manque de services de prévention dans les milieux communautaires.
  • Il est nécessaire d’améliorer les mécanismes de gouvernance et de responsabilisation du système de santé mentale pour les jeunes.

L’examen a permis de formuler 10 recommandations provisoires et 12 recommandations finales. Elles comprennent :

  • la nomination d’un ministre de l’enfance et de la jeunesse soutenu par un secrétariat, afin de garantir l’intégration et la collaboration de tous les services destinés aux enfants et aux jeunes;
  • la formation de tous les professionnels travaillant dans le domaine de la santé mentale des enfants et des adolescents;
  • la création d’une stratégie provinciale pour les droits des enfants et des jeunes;
  • l’incorporation de la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies dans le droit du Nouveau-Brunswick;
  • l’élaboration d’un plan d’action pour la santé mentale et la prévention du suicide des enfants et des jeunes, avec mesure obligatoire des progrès;
  • le suivi des appels à l’action du Comité consultatif des Premières Nations établi au cours de cet examen;
  • la création d’un conseil consultatif sur les droits des enfants et des jeunes en matière de santé, dirigé par des jeunes; et
  • des investissements pour remédier à la pénurie de professionnels de la santé mentale dans la province, et pour élargir l’accès aux services de santé mentale.

« La perte tragique de Lexi Daken a suscité une immense peine chez un grand nombre de personnes », a déclaré le défenseur des enfants, des jeunes et des aînés, Norman Bossé. « Je ne fais pas qu’espérer. Je crois réellement que son décès sera le catalyseur de changements impératifs dans le système de santé mentale des enfants et des jeunes. Le souvenir de Lexi a donné de la force à ce rapport. Son souvenir doit maintenant donner de la force aux personnes capables d’apporter des changements absolument nécessaires. »

Le rapport a été coordonné par le défenseur adjoint, Christian Whalen.

« Les enfants et les jeunes ont droit, entre autres, à la santé et à la vie, à la survie et au développement optimal, a dit M. Whalen. Le manque chronique de soins spécialisés et d’accès à des ressources et services de soutien communautaires prive les jeunes de ces droits fondamentaux de la personne. Ce rapport est notre feuille de route pour respecter ces droits et offrir aux jeunes des voies de guérison et d’espoir. »