FREDERICTON (GNB) – La déclaration suivante a été émise par la présidente de la Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick, Nathalie Chiasson, concernant le récent lever du drapeau de la fierté hétérosexuelle :

Plus tôt cette semaine, des événements nous ont rappelé que, à titre de nation et de province, nous avons mis les droits de la personne au cœur de notre boussole morale, mais que la lutte pour éliminer les conditions qui sont à l’origine de la discrimination sous ses nombreuses formes – ou qui la perpétuent – est loin d’être terminée. La levée d’un drapeau pour, semble-t-il, appuyer tous les groupes dans une collectivité du Nouveau-Brunswick a eu l’effet négatif contraire. Le drapeau a été retiré lundi, non sans avoir soulevé un tollé au sein de la population et attiré l’attention des médias. Cet incident nous rappelle que nous devons sensibiliser beaucoup plus la population et les organisations afin de les renseigner sur le sens de la discrimination, qu’elle soit directe ou indirecte.

La discrimination indirecte se produit lorsque l’intention d’origine n’était peut-être pas de faire preuve de discrimination, mais que le résultat produit néanmoins un effet préjudiciable sur une personne. Les statistiques démontrent clairement que la discrimination cible encore un nombre démesuré de membres des groupes minoritaires, marginalisés ou défavorisés et qu’il est rare que la victime soit un homme hétérosexuel de race blanche. Dans la jurisprudence, la discrimination est décrite comme « des pratiques ou des attitudes qui, de par leur conception ou par voie de conséquence, gênent l’accès des particuliers ou des groupes à des possibilités d’emplois, en raison de caractéristiques qui leur sont prêtées à tort ». Selon un principe bien établi, nous devons parfois ne pas nous contenter de traiter tout le monde de la même manière.

Le Nouveau-Brunswick a été l’une des premières provinces canadiennes à établir une institution qui garantit la protection des droits de tous les citoyens devant la loi. Depuis 1967, la Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick est chargée de l’application de la Loi sur les droits de la personne de la province. Notre mandat consiste à mettre en œuvre les principes de l’égalité, de la diversité et de l’inclusion; superviser le processus de traitement des plaintes; et à offrir des programmes éducatifs. Chaque année, nous organisons plus de 60 présentations pour expliquer les dispositions législatives et sensibiliser la population à la discorde qui découle de la discrimination.

L’article 7 de la Loi sur les droits de la personne est tout particulièrement pertinent en ce qui concerne cette nouvelle, car il prévoit que nul ne peut indiquer de la discrimination ou une intention de faire preuve de discrimination contre une personne ou une catégorie de personnes pour un motif de distinction illicite sur un avis, une affiche, un symbole, un emblème ou toute autre représentation. Il stipule également que rien au présent article n’entrave, ne restreint ou n’interdit la libre expression d’opinions, que ce soit à l’oral ou par écrit, sur quelque sujet que ce soit. Ce qui ressort de cette histoire de drapeau est le manque de compréhension des effets qu’un tel geste peut avoir sur un groupe déjà marginalisé de Néo-Brunswickois.

Si nous voulons modifier le libellé sur la diversité et l’inclusion, ainsi que la façon d’y parvenir, nous devons le faire de manière collective, en toute connaissance de cause et dans le respect. En plus de la commission, nous sommes privilégiés, au Nouveau-Brunswick, de pouvoir compter sur de nombreux praticiens du droit, des ressources humaines et d’autres domaines qui possèdent une expertise en matière de droits de la personne. J’encourage fortement toutes les personnes qui ne savent pas comment réagir à une situation relative aux droits de la personne à consulter ces praticiens. À partir de maintenant, il vaut parfois mieux faire la bonne chose que de bien faire les choses.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur la loi ou sur les publications de la commission, les gens du Nouveau-Brunswick peuvent contacter la commission en composant le 506-453-2301 ou le 1-888-471-2233 (sans frais au Nouveau-Brunswick). Les personnes qui utilisent le service ATS peuvent aussi communiquer avec la commission au 506-453-2911. Les gens peuvent aussi visiter le site Web de la commission ou lui envoyer un courriel à l’adresse hrc.cdp@gnb.ca.