FREDERICTON (GNB) – La déclaration suivante a été émise, aujourd’hui, par la présidente de la Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick, Claire Roussel-Sullivan, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, le dimanche 17 octobre :

Ce 17 octobre, les gens du Nouveau-Brunswick commémoreront la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, qui a été proclamée par les Nations Unies en 1992. En 2005, la condition sociale a été ajoutée à la Loi sur les droits de la personne du Nouveau-Brunswick à titre de motif de discrimination protégé. Conscients de la discrimination croissante et de l’exclusion dont étaient victimes certaines personnes en raison de leurs conditions financières, des militants pour la lutte contre la pauvreté et des gens du Nouveau-Brunswick vivant de l’aide sociale ont fait pression pour que la loi soit modifiée. L’inclusion de la condition sociale dans la loi procurerait désormais aux gens du Nouveau-Brunswick une protection contre la discrimination ou certains désavantages fondés sur leurs sources de revenu, leur profession ou leur niveau de scolarité.

La pauvreté est un enjeu important en matière de droits de la personne. L’accès à la nourriture, à un logement abordable, aux soins médicaux et à l’éducation a une incidence sur les droits économiques d’une personne, comme l’égalité d’accès à l’emploi, le logement et les services publics. C’est pourquoi la Loi sur les droits de la personne du Nouveau-Brunswick est une importante protection juridique pour tous les gens du Nouveau-Brunswick, en particulier les personnes qui font face à la discrimination en raison de leurs sources de revenu, de leur profession ou de leur niveau de scolarité. Depuis plusieurs années, les personnes les plus susceptibles de déposer une plainte relative aux droits de la personne sont celles qui ont une incapacité physique ou mentale et qui, souvent, vivent dans la pauvreté ou ont un faible revenu.

Selon des données de Statistique Canada de 2019, le Nouveau-Brunswick enregistrait toujours le revenu net médian le plus bas du Canada. De plus, selon le rapport de 2020 sur la pauvreté des enfants au Nouveau-Brunswick, la province détient le sixième taux de pauvreté infantile le plus élevé au pays, un problème qui s’est probablement aggravé en raison des répercussions de la pandémie sur le revenu, l’accès à un logement abordable et les besoins élémentaires du quotidien.

Certains problèmes auxquels font face les personnes à faible revenu ne sont pas attribuables à la pauvreté comme telle, mais aux mythes et aux stéréotypes entourant la pauvreté qui servent parfois à justifier la complaisance et l’inaction. La pauvreté peut frapper n’importe qui à la suite d’une mise à pied soudaine, d’une maladie, de l’éclatement de la famille ou d’un problème de dépendance. La pandémie de COVID-19 a exacerbé ces problèmes et plongé encore plus de gens du Nouveau-Brunswick dans des conditions socio-économiques précaires.

Au cours des dernières années, de nombreuses initiatives de lutte contre la pauvreté ont été menées au Nouveau-Brunswick, comme la réforme de l’aide sociale en 2021 qui vise à améliorer les systèmes de soutien pour les gens du Nouveau-Brunswick qui vivent dans la pauvreté. La réforme s’est accompagnée de modifications au calcul pour déterminer l’admissibilité à l’aide sociale; de l’augmentation des exemptions de salaire pour faciliter la transition des personnes vers un emploi à temps plein; de la suppression de la déduction des frais de logement; et de l’adoption d’une nouvelle définition de la déficience auditive. Les villes de Fredericton et Moncton ont également mis en œuvre de nouvelles initiatives en matière de logement pour s’attaquer au problème croissant de l’itinérance et du logement non abordable au Nouveau-Brunswick. Bien que ces initiatives constituent une étape importante vers la construction d’une société égalitaire pour tous les gens du Nouveau-Brunswick, il y a encore beaucoup de travail à accomplir pour éliminer les barrières socio-économiques et les désavantages qui perpétuent le cycle de la pauvreté dans notre province.

Alors que nous soulignons la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté cette fin de semaine, j’invite les gens du Nouveau-Brunswick à réfléchir à la manière dont ils peuvent en finir avec les stéréotypes socio-économiques, prévenir la discrimination fondée sur la condition sociale, et aider les personnes à faible revenu dans nos communautés afin de réaliser des progrès durables dans la lutte contre la pauvreté au Nouveau-Brunswick.