Gouvernement du Nouveau-Brunswick

Entre le début de 2020 et la fin de mai 2021, on a dénombré un total de 48 personnes présentant des signes et symptômes cliniques similaires à ceux associés à la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), mais qui présentaient aussi des caractéristiques atypiques.

Ces 48 patients ont été signalés par trois médecins du Nouveau-Brunswick. Quarante-six des 48 cas recensés ont été aiguillés par le même neurologue, et les deux autres, par deux autres neurologues.

Les trois médecins du Nouveau-Brunswick qui ont signalé les patients ont demandé à l’équipe du Système de surveillance de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (SSMCJ) de l’Agence de la santé publique du Canada d’enquêter activement sur la présence d’encéphalopathie spongiforme subaiguë transmissible chez l’humain mais, jusqu’à présent, tous les résultats sont négatifs. En raison de la similitude des signes et des symptômes et de l’absence d’un diagnostic confirmé parmi les cas, le médecin qui a signalé la majorité des patients et le SSMCJ ont classé les patients comme faisant partie d’une grappe d’un possible syndrome neurologique de cause inconnue. 

Au moment du signalement par leur fournisseur de soins de santé, la plupart des patients faisant l’objet de l’enquête vivaient dans les régions du sud-est et du nord-est du Nouveau-Brunswick, dans la Péninsule acadienne et la région de Moncton. Cependant, notre enquête n’a trouvé aucune preuve laissant supposer que les résidents de ces régions sont plus à risque que ceux vivant ailleurs dans la province. Il convient aussi de noter que ces lieux pourraient correspondre à la zone desservie par les médecins ayant signalé les patients. Aucun autre cas n’a été recensé dans les autres provinces et territoires.
 


Les symptômes fréquents chez les patients de la grappe comprennent les suivants :

  • des troubles de la mémoire
  • des spasmes musculaires
  • des problèmes d’équilibre, de la difficulté à marcher ou des chutes
  • une vision floue ou des hallucinations visuelles
  • une perte de poids importante et inexpliquée
  • des changements comportementaux
  • des douleurs dans les bras ou les jambes
     


  État de l’enquête


 Active 

 Nombre de cas analysés

 48

 Décès

 9*

 Date de début de la maladie (en années)

 2013 – 2020**

 Sexe

 50 % femmes – 50 % hommes

Tranche d’âge (en années)

 18 – 85


* Parmi les 48 cas d’origine, neuf sont décédés. Six des patients décédés ont fait l’objet d’une autopsie. Les autopsies confirment que les six patients sont décédés des suites de causes connues ou de maladies. On est toujours dans l’attente d’un examen des dossiers cliniques des trois autres cas.

** Les médecins ayant signalé les patients ont signalé que les symptômes ont commencé en 2018, en 2019 ou en 2020 pour la plupart des cas. Un seul cas recensé rétroactivement par le neurologue référant en 2020 aurait manifesté des symptômes en 2013. Il avait à l’origine été signalé par le médecin au SSMCJ comme étant un cas soupçonné de MCJ.

 

Chronologie

 

  • Le Système de surveillance de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (SSMCJ) travaille régulièrement avec les régies régionales de la santé du Nouveau-Brunswick pour détecter tous les types de maladies à prions chez les humains.
  • Dans le cadre de la gestion courante des cas, le SSMCJ a remarqué des symptômes communs et des profils diagnostiques potentiels semblables parmi les cas du Nouveau-Brunswick qui lui ont été signalés récemment. Les tests effectués auprès de ces cas ont donné des résultats négatifs à la maladie de Creutzfeldt-Jakob, et le SSMCJ a conclu que ces patients constituaient une grappe de cas méritant une enquête approfondie.
  • En décembre 2020, le SSMCJ a informé Santé publique Nouveau-Brunswick de nous inclure activement dans l’enquête.
  • La première ébauche de la définition de cas a été préparée à la fin de janvier 2021, et une note de service concernant cette définition de cas potentielle a été envoyée aux médecins du Nouveau-Brunswick le 5 mars.
    • Le but de la note de service était d’informer les fournisseurs de soins de santé ayant des patients qui pourraient correspondre à la définition de cas pour ce possible syndrome neurologique de cause inconnue et de les encourager à communiquer avec le SSMCJ ou la Mind Clinic pour obtenir de plus amples renseignements.
  • En avril, Santé publique a commencé à recueillir le consentement et les coordonnées des personnes concernées par l’enquête afin de mener un sondage.      
    • Avec l’aide d’experts locaux et nationaux en la matière, Santé publique a préparé un questionnaire épidémiologique amélioré pour recueillir des renseignements auprès des Néo-Brunswickois soupçonnés de faire partie de cette grappe et cerner les domaines qui méritent une recherche et une enquête plus poussées. Ce questionnaire exige beaucoup d’information, y compris, mais sans s’y limiter, l’environnement de la personne, son lieu de résidence, son exposition potentielle et ses antécédents de voyage. Nous avons besoin d’informations détaillées pour mieux examiner les similitudes potentielles. Ces informations peuvent peut-être nous aider à déterminer s’il y a une source environnementale ou infectieuse commune liée à ces cas.
  • En mai, Santé publique a commencé à appeler les personnes concernées pour fixer des rendez-vous afin de mener le sondage. Le sondage a été mené auprès de 34 des 48 cas. Le répondant pouvait être la personne identifiée comme faisant partie de la grappe, son représentant ou la personne soutenue par son représentant pendant l’interrogatoire. Parmi les quatorze autres cas, neuf ont choisi de ne pas être interrogés. Les infirmières de Santé publique n’ont pas été en mesure de communiquer avec les cinq derniers cas, qui n’ont pas répondu à la lettre recommandée les invitant à participer au sondage.
     


La Direction de l’épidémiologie et de la surveillance du Nouveau-Brunswick a publié son rapport sur l’enquête concernant le syndrome neurologique potentiel de cause inconnue. Le rapport est de nature exploratoire et n’établit aucun lien de cause à effet entre les expositions communes et le syndrome neurologique potentiel. Cependant, il fournit des renseignements très utiles à propos de ces expositions et, lorsqu’il est combiné aux résultats d’un examen clinique des cas, il peut éclairer davantage les domaines d’enquête et de recherche supplémentaires. Le rapport épidémiologique conclut que les Néo-Brunswickois peuvent être rassurés : ni eux ni leur famille ne courent de risque en consommant des aliments régionaux. De plus, aucun comportement ni exposition environnementale précis n’a été cerné comme facteur de risque potentiel.

Puisque des préoccupations ont été soulevées par rapport à l’exposition à des efflorescences algales, l’équipe a pris bien soin d’examiner ce facteur d’exposition potentiel. L’enquête épidémiologique ne permet pas de conclure que les efflorescences algales constituent une source ou une cause possible des symptômes.

Le rapport épidémiologique constitue la première partie d’une enquête à deux volets. 

Un comité de surveillance composé de six neurologues a été chargé en juin de veiller à ce que toute la diligence raisonnable soit exercée sur le plan clinique, et d’éliminer toute autre cause possible et tout autre diagnostic plausible. Le comité examine actuellement l’ensemble des dossiers, des dossiers médicaux et des rapports médicaux liés aux 48 cas et, si cela s’avère nécessaire, il réinterrogera et réévaluera les patients.

Le comité de surveillance devrait présenter son rapport au début de la nouvelle année. 
 


Si vous ou l’un de vos proches vivez des changements au niveau de votre santé personnelle qui ressemblent à ces symptômes, veuillez en parler à un fournisseur de soins de santé.

Puisqu’on ignore toujours la cause de ce syndrome neurologique, seul un fournisseur de soins de santé peut évaluer si les symptômes que présente une personne peuvent être liés à cette enquête.
 


Le gouvernement du Nouveau-Brunswick s’est engagé à protéger la santé de tous les citoyens contre les maladies nouvelles et émergentes dans la province. L’enquête se poursuit et Santé publique Nouveau-Brunswick continuera d’enquêter, en collaboration avec les partenaires suivants :

  • Ministère de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches du Nouveau-Brunswick
  • Ministère des Ressources naturelles et du Développement de l’énergie du Nouveau-Brunswick
  • Ministère de l’Environnement et des Gouvernements locaux du Nouveau-Brunswick
  • Agence de la santé publique du Canada
  • Agence canadienne d’inspection des aliments 
     
 

Foire aux questions


Qu’est-ce qu’une grappe?

Une grappe est défini comme plusieurs choses de même sorte ou d’un groupe de choses ou de personnes proches les unes des autres. Parfois, une éclosion ou une grappe de cas est découverte où la cause n’est pas claire, et les épidémiologistes de même que les biostatisticiens doivent travailler sans relâche à évaluer s’il existe une vraie grappe de cas d’une maladie quelconque.

Dans cette enquête, le terme grappe est utilisé parce que les personnes malades ont des signes et des symptômes cliniques semblables qui n’ont pas de cause connue et que ces personnes vivent dans la même région.

Est-ce inhabituel de voir un aussi grand nombre de cas d’une maladie neurologique inconnue au Nouveau-Brunswick?

Parfois, une éclosion ou une grappe de cas est découverte où la cause n’est pas claire, et les épidémiologistes de même que les biostatisticiens doivent travailler sans relâche à évaluer s’il existe une vraie grappe de cas d’une maladie quelconque. Cette grappe de personnes ayant des signes et des symptômes d’un potentiel syndrome neurologique dont la cause est inconnue au Nouveau-Brunswick est inattendue. Voilà pourquoi Santé publique Nouveau-Brunswick fait une enquête avec le comité de surveillance établi, lequel est composé de neurologues et coprésidé par les vice-présidents des régies régionales de la santé. D’autres experts en la matière locaux et internationaux ainsi que des fournisseurs de soins de santé contribueront également, au besoin.

Y a-t-il des cas dans d’autres provinces ou pays?

À ce jour, aucun cas de personnes aux prises avec un syndrome neurologique de cause inconnue n’a été signalé à l’extérieur du Nouveau-Brunswick. Toutefois, les autorités de santé publique partout au Canada ont été informées de cette enquête et avisées de communiquer avec Santé publique Nouveau-Brunswick pour tout renseignement supplémentaire. L’Agence de la santé publique du Canada a communiqué avec d’autres pays pour donner plus de renseignements et sera informée si des cas sont signalés à l’extérieur du Canada.

D’autres cas faisant l’objet d’une enquête ont-ils les mêmes symptômes ou la même sévérité de symptômes que les cas qui nous occupent?

Les personnes participant à cette enquête ont signalé des symptômes similaires pour lesquels leur neurologue n’a pas cerné de cause connue. Les symptômes signalés le plus souvent comprennent des troubles de la mémoire, des spasmes musculaires, des problèmes d’équilibre (difficulté à marcher ou chutes), une vision floue ou des hallucinations visuelles, une perte de poids importante et inexpliquée, des changements comportementaux et des douleurs dans les bras ou les jambes. La sévérité des symptômes varie d’une personne à l’autre.

Est-il sécuritaire de vivre dans la Péninsule acadienne ou la région de Moncton si les cas ayant contracté cette maladie vivent dans ces régions?

Au moment de leur signalement par leur fournisseur de soins de santé, la plupart des patients faisant l’objet de l’enquête vivaient dans les régions du sud-est et du nord-est du Nouveau-Brunswick, dans la Péninsule acadienne et la région de Moncton. Cependant, notre enquête n’a trouvé aucune preuve laissant supposer que les résidents de ces régions sont plus à risque que ceux vivant ailleurs dans la province. Tous les cas de ce potentiel syndrome neurologique de cause inconnue sauf deux ont été signalés par un même neurologue et les lieux pourraient correspondre à la zone desservie par ce neurologue. Les médecins du pays ont reçu la consigne de signaler les cas présentant des symptômes semblables, mais personne ne s’est manifesté jusqu’à présent.