Premières étapes

Des renseignements pour vous aider à planifier, à fixer des objectifs et à suivre les progrès accomplis en vue de la réussite de votre entreprise agricole.

Définir vos objectifs

Pourquoi désirez-vous devenir producteur agricole? Après avoir répondu à cette question, vous pourrez déterminer ce que vous voulez produire et comment vous y prendre. Les gens désirent devenir producteurs agricoles pour différentes raisons :

  • une façon de gagner sa vie;
  • des liens culturels avec la terre ou le mode de vie agricole;
  • un désir d’accroître la sécurité alimentaire et l’autonomie de la famille;
  • une façon d’ajouter un revenu d’appoint;
  • une combinaison de quelques-unes de ces raisons ou d’autres raisons.

La plupart des gens ont plus d’une raison pour vouloir se lancer en agriculture. Les personnes qui veulent en tirer leur revenu principal vont développer leur entreprise à une échelle différente de celles qui ne cherchent qu’à gagner un revenu d’appoint. Les agriculteurs débutants qui ont de jeunes enfants auront des objectifs différents de ceux des personnes à la retraite. Discutez avec quelqu’un qui connaît bien le secteur agricole ou le milieu des affaires et qui comprend ce que vous attendez de l’agriculture ou prenez connaissance de quelques-unes des ressources énumérées dans cette feuille de route avant de passer à l’étape suivante. Nos agents de la croissance des entreprises et nos spécialistes des produits peuvent vous aider à définir vos objectifs.

La production agricole est-elle pour vous? En êtes-vous certain?


Si vous n’avez aucune expérience en agriculture, vous devriez sérieusement envisager de travailler au moins un an dans différents types d’exploitation agricole avant d’investir votre temps, votre énergie et votre argent dans une entreprise agricole. Cela vous aidera à déterminer quel type d’agriculture correspond à vos objectifs et à vos centres d’intérêt. Vous pourrez également décider que l’agriculture ne vous convient pas. Le livre You Can Farmle modèle économique à succès d’un pionnier de l’agroécologie de Joël Salatin vous donnera un excellent aperçu de ce qu’on peut espérer du mode de vie agricole.

Évaluer vos ressources

Les ressources comprennent les gens que vous connaissez, la terre, le capital, les infrastructures, l’équipement et l’information. Faites la liste de ce que vous avez déjà et une autre liste de ce dont vous pensez avoir encore besoin pour commencer. Si vous avez de la difficulté à effectuer cette étape, le personnel du ministère de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches pourra vous aider.

Si vous avez déjà…

la terre :

  • Quelle superficie voulez-vous cultiver?
  • Y a-t-il un zonage, des règlements ou des arrêtés municipaux qui pourraient restreindre le type d’entreprise agricole que vous voulez développer?
  • Y a-t-il des considérations environnementales ou autres qui pourraient restreindre le type d’entreprise agricole que vous voulez développer (p. ex. la proximité des voisins, la proximité de terres humides)?
  • Quels types de cultures ou de bétail conviennent le mieux à la terre (cela dépendra du type et de la productivité du sol, du drainage, de la pente, du climat)?

le capital :

  • De combien d’argent disposez-vous ou combien êtes-vous prêt à investir dans votre entreprise agricole?
  • Quel rendement du capital investi recherchez-vous et en combien de temps comptez-vous l’atteindre?
  • Sur quelles autres sources de capitaux, y compris les prêteurs commerciaux, pouvez-vous compter?

l’infrastructure :

  • Quelles infrastructures existent déjà sur votre ferme (p. ex. : puits, granges, hangars, clôtures)?
    Les infrastructures sont-elles sûres et en état de marche? Sinon, sont-elles réparables?

l’équipement :

  • Quel genre d’équipement avez-vous (c’est-à-dire tracteur, autre machinerie agricole, équipement et outils de menuiserie, ordinateur, génératrices d’urgence, équipement de déneigement, etc.)?
  • L’équipement est-il sûr et en état de marche? Sinon, est-il réparable?
  • Y a-t-il des conducteurs contractuels de machinerie agricole dans votre région? Faire appel à leurs services pourrait réduire les besoins en équipement en particulier au cours des premières années d’exploitation.

l’information :

  • Que savez-vous sur l’agriculture?
  • Que savez-vous à propos de la commercialisation des produits agricoles?
  • Que savez-vous sur la législation agricole au Nouveau-Brunswick?
  • Savez-vous où obtenir des renseignements supplémentaires sur les différents aspects de l’agriculture au Nouveau-Brunswick?

Choisir votre culture ou votre élevage

Il y a une grande diversité d’exploitations agricoles au Nouveau-Brunswick. Ces exploitations comprennent l’élevage soumis à la gestion de l’offre, l’élevage non soumis à la gestion de l’offre, les fermes de culture et les fermes de produits spécialisés. La gestion de l’offre signifie que l’office de commercialisation du produit compétent fait correspondre l’offre à la demande en attribuant des quotas de production aux producteurs et en fixant les prix du produit. Cette pratique garantit aux agriculteurs un revenu stable et adéquat et assure aux consommateurs un approvisionnement régulier et de qualité. Cependant les produits assujettis à la gestion de l’offre sont très réglementés et ces marchés sont souvent difficiles à pénétrer pour un nouvel agriculteur.

Produits

Certains des produits du Nouveau-Brunswick peuvent être classés comme suit :

Élevage soumis à la gestion de l’offre (un quota est nécessaire pour ce groupe) :

  • vaches laitières;
  • poulets pour viande de volaille (poulets à griller);
  • poulets de ponte (pondeuses);
  • dindons.

Élevage non soumis à la gestion de l’offre :

  • bovins de boucherie;
  • porcs;
  • ovins;
  • chèvres.

Fermes de culture :

  • pommes de terre;
  • fruits de verger (pommes principalement, quelques prunes, poires et autres fruits de vergers);
  • petits fruits (fraises, bleuets, canneberges et framboises);
  • divers légumes;
  • grains, oléagineux, céréales;
  • cultures fourragères;
  • raisins de cuve;
  • arbustes, gazon en plaques;
  • floriculture.

Produits spécialisés :

  • sirop d’érable;
  • arbres de Noël;
  • abeilles (miel, pollinisation);
  • fourrure (vison, renard, lapin);
  • canards, cailles.

Pour de plus amples renseignements sur chaque produit, voir Choisir votre produit.

De nombreuses fermes produisent plus d’un produit. En outre, pour chaque produit, il y a des fermes de taille différente. Par exemple, une ferme maraîchère de 100 acres peut vendre la totalité de ses produits à un grossiste, tandis qu’une autre peut cultiver seulement deux acres, mais vendre la totalité de sa production à un marché fermier ou par l’entremise d’un programme d’agriculture soutenue par la communauté (ASC).

Il y a aussi une variété de méthodes de production et de commercialisation dans chacune des catégories. Vous pouvez élever des bovins de boucherie dans un pâturage ou les nourrir de grains et de fourrage dans un parc d’engraissement. Vous pouvez avoir un verger de pommiers et vendre toutes vos pommes à un détaillant ou les vendre principalement grâce à l’autocueillette.

Ce que vous déciderez de produire et à quelle échelle, ainsi que les méthodes de production que vous choisirez d’utiliser, dépendra de vos objectifs, du capital que vous pouvez investir, de votre emplacement et de la façon dont vous prévoyez commercialiser vos produits agricoles. Les coordonnées des différents groupes de producteurs figurent à Groupes et associations de produits. Ceux-ci peuvent être en mesure de vous aider et de répondre aux questions concernant leur industrie.

Autres méthodes de production

Agriculture biologique

L’agriculture biologique est un mode de production agricole qui limite et, dans certains cas, interdit le recours aux intrants de synthèse. La plupart, sinon la totalité des produits agricoles susmentionnés peuvent être certifiés biologiques. Pour plus de renseignements sur la certification et la production biologiques, communiquez avec le spécialiste de l’agriculture biologique ou l’une des trois organisations suivantes :

Remarque importante pour les personnes qui souhaitent employer le mot « biologique » pour un produit originaire de la province et vendu dans la province : Le Nouveau-Brunswick a un Règlement sur la classe biologique, appliqué par la Commission des produits de ferme, qui réglemente l’utilisation du mot « biologique » (voir Règlement sur la classe biologique).

Plus simplement, tous les produits du Nouveau-Brunswick vendus dans la province qui sont étiquetés comme biologiques doivent être certifiés conformément au Règlement sur les produits biologiques fédéral et aux normes canadiennes de production biologique. Afin de maintenir sa certification, un producteur certifié biologique doit la recevoir chaque année d’un organisme de certification biologique agréé. Pour obtenir la liste des organismes de certification, veuillez communiquer avec ACORN (Groupes et associations de produits) ou le spécialiste des produits biologiques et des légumes du ministère de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches.

Possibilités de revenus d’appoint

Terres à bois à la ferme

La forêt couvre environ 85 % du Nouveau-Brunswick et d’importantes superficies des exploitations agricoles du Nouveau-Brunswick se composent de lots boisés. Les forêts privées jouent un rôle essentiel dans notre économie, notre environnement et notre société. Elles fournissent de nombreux produits forestiers traditionnels tels que le bois de chauffage, le bois à pâte et le bois d’œuvre de feuillus ou de résineux. Elles offrent également des possibilités dans le domaine des produits non ligneux comme le sirop d’érable, les arbres de Noël, les confitures et gelées de baies sauvages, les plantes médicinales, les décorations, le plaisir de la nature, ainsi que les loisirs et l’habitat de la faune. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les forêts du Nouveau-Brunswick, plusieurs sources sont disponibles : le ministère des Ressources naturelles et du Développement de l’énergie, la Fédération des propriétaires de lots boisés du Nouveau-Brunswick ou l’office de commercialisation des produits forestiers de votre région (voir Groupes et associations de produits).

Arbres de Noël

La culture d’arbres de Noël est une autre source de revenus possible pour les producteurs agricoles. (Voir Choisir votre produit pour plus de renseignements).

Possibilités à valeur ajoutée

Penser à ajouter de la valeur

Les agriculteurs peuvent augmenter leurs profits notamment en ajoutant de la valeur à leur produit agricole. Vous pouvez transformer le lait en fromage, la viande de porc en saucisses, la laine en chandails ou les petits fruits en confiture. Il y a un certain nombre de petits transformateurs de produits agricoles dans la province.

Toutefois AVANT de commencer la production de produits à valeur ajoutée, assurez-vous de vous renseigner auprès du ministère de la Santé et de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) sur la salubrité alimentaire et sur les licences d’exploitation de locaux destinés aux aliments (voir Lois, règlements et politiques pour plus de précisions sur les règlements provinciaux). Le ministère provincial de la Santé peut vous conseiller sur les exigences de l’ACIA, le cas échéant.


Élaborer votre plan d’affaires

Maintenant que vous avez franchi les premières étapes, il est temps de mettre sur pied un plan d’affaires en fonction de vos meilleures estimations. Sans toutefois se limiter à ce qui suit, les éléments essentiels d’un plan d’affaires comprennent :

  • une autoévaluation de vos compétences, de vos forces et de vos faiblesses;
  • un plan de commercialisation et de vente;
    • ce que vous allez vendre au cours des cinq prochaines années et en quelle quantité,
    • la détermination de vos marchés,
  • les prévisions de vos profits et de vos pertes;
  • les prévisions de vos flux de trésorerie (pas la même chose que les prévisions des profits et des pertes) dont :
    • les capitaux nécessaires pour l’achat d’équipement et d’infrastructures,
    • les capitaux d’exploitation requis pour répondre aux besoins financiers jusqu’à ce que les flux de trésorerie provenant de l’exploitation commencent à être générés,
  • les besoins en main-d’œuvre et comment vous allez y répondre.

Il est très important que votre plan d’affaires soit aussi réaliste que possible. Il est recommandé de demander les conseils de professionnels à ce stade de votre plan. Ces conseils peuvent provenir d’autres agriculteurs prospères, du personnel du ministère de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches, de conseillers en gestion agricole ou de comptables formés pour aider à élaborer un plan d’affaires.