FREDERICTON (GNB) – La déclaration suivante a été rendue publique, aujourd'hui, par le président de la Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick, Randy Dickinson, pour souligner la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie :

Aujourd'hui, le jeudi 17 mai, près de 40 pays célébreront la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie. La transphobie est le fait de mépriser ou de craindre les personnes transgenres ou transsexuelles.

Le 17 mai est la journée pour faire le point sur les progrès que nous avons réalisés et pour identifier les entraves et les lacunes qu'il faut encore éliminer afin de venir à bout des effets de l'homophobie, de la transphobie et de l'hétérosexisme.

De toute évidence, beaucoup de progrès ont été accomplis dans le domaine des droits de la personne au cours des 20 dernières années. En raison des modifications qui y ont été apportées et de la jurisprudence à laquelle elle a donné naissance, la Loi sur les droits de la personne du Nouveau-Brunswick interdit toute discrimination et tout harcèlement contre une personne qui est homosexuelle, bisexuelle, transgenre, transsexuelle (avant ou après la chirurgie) ou intersexuée (terme préféré à hermaphrodite). Par souci de concision, je les appellerai collectivement les minorités sexuelles.

La Loi sur les droits de la personne protège également toute personne qui est victime de discrimination parce qu'elle est hétérosexuelle ou parce qu'elle est prise à tort pour une personne appartenant à une minorité sexuelle.

Tous ces mécanismes de protection agissent dans les domaines de l'emploi, des services offerts au public et de l'habitation ainsi que dans certains types de publicités et d'associations. Par exemple, une plainte pour atteinte aux droits de la personne peut être déposée si des élèves homosexuels, bisexuels ou transgenres sont victimes d'intimidation de la part d'autres élèves à l'intérieur ou à l'extérieur de l'école, y compris dans les sports scolaires.

Malgré ces mesures de protection considérables, les minorités sexuelles déposent seulement environ deux pour cent des plaintes dont la Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick est saisie chaque année. Cette statistique peut s'expliquer par le fait que bien des personnes qui appartiennent à une minorité sexuelle évitent de porter plainte parce qu'elles n'ont pas encore complètement affirmé leur identité sexuelle.

Mais ce chiffre ne témoigne certainement pas d'une absence de discrimination ou de harcèlement. Un enjeu qui perdure et qui commence enfin à attirer l'attention qu'il mérite dans les médias et sur Internet est l'intimidation à l'école, qui cible de façon disproportionnée les minorités sexuelles et les personnes qui sont prises à tort pour un membre d'une minorité sexuelle.

Les chercheurs commencent à faire état des taux très élevés de suicide, de toxicomanie, de problèmes de santé, de décrochage scolaire, de grossesses à l'adolescence et d'itinérance chez les jeunes qui appartiennent aux minorités sexuelles, ce qui témoigne probablement de leur expérience de l'intimidation et de la stigmatisation ainsi que de leur vulnérabilité et de leur isolement. Les jeunes transgenres et, en particulier, transsexuels sont aux prises avec les problèmes les plus extrêmes.

Contrairement aux membres des autres minorités, les jeunes qui appartiennent à une minorité sexuelle ne peuvent souvent même pas compter sur la compréhension et le soutien des membres de leur famille, de leur église ou de leur cercle d'amis. Même si cela est loin d'être toujours le cas, ceux-ci sont trop souvent leurs pires ennemis : ils peuvent les intimider, les isoler, les expulser de chez eux ou les inscrire de force dans un programme de thérapie pour « homosexuels repentis ». C'est la raison pour laquelle il est crucial de soutenir les jeunes des minorités sexuelles dans les écoles.

Heureusement, leur situation s'est améliorée, surtout à cause des réseaux et des ressources disponibles sur Internet, d'une meilleure visibilité à la télévision, du travail de PFLAG Canada et de la multiplication des alliances entre homosexuels et hétérosexuels dans les écoles, sous l'impulsion au Nouveau-Brunswick de Fierté en éducation, un groupe d'enseignants.

La Commission est heureuse de soutenir le travail des alliances entre homosexuels et hétérosexuels en s'associant à l'alliance qui existe à la Fredericton High School afin de produire un dépliant qui décrit les droits des élèves en vertu de la Loi sur les droits de la personne.

Ces activités sont importantes et sont les bienvenues. La lutte pour les droits et la dignité des jeunes qui appartiennent aux minorités sexuelles mène tranquillement vers la victoire. Cependant, il reste de nombreux défis. En tant que société, nous ne nous sommes pas encore penchés sur la situation que vivent de plus en plus de personnes âgées qui appartiennent aux minorités sexuelles. Souvent, ces personnes sont isolées et n'ont pas accès aux services gouvernementaux appropriés. Beaucoup d'adultes transsexuels mènent aussi une lutte ardue tous les jours.

Pendant que nous soulignons la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, j'invite les Néo-Brunswickois à se joindre à la lutte pour vaincre l'homophobie, la transphobie et l'hétérosexisme et à travailler à bâtir un Nouveau-Brunswick où chacune et chacun sera en mesure d'atteindre son plein potentiel et de participer pleinement à tout ce que notre province a à offrir, quel que soit son sexe, son orientation sexuelle ou son identité de genre.