TORONTO (CNB) – Le Canada a besoin d'un programme national pour améliorer l'enjeu des droits humains le plus important au pays : la santé, l'éducation et la sécurité des enfants et des jeunes autochtones.

« Les défenseurs des enfants et de la jeunesse partout au Canada sont préoccupé par le fait qu'on n’a aucun mécanisme de suivi qui permette de dresser un portrait national détaillé et fiable de la situation, du bien-être et de l'avancée des droits des enfants et des jeunes autochtones », a déclaré le défenseur des enfants et de la jeunesse par intérim du Nouveau-Brunswick, Christian Whalen.

C'est ce que le Conseil canadien des défenseurs des droits des enfants et des jeunes (CCDEJ), dont M. Whalen est un membre, dira à Genève lors du dépôt, lundi prochain, d'un Rapport spécial sur la situation des enfants et des jeunes autochtones au Comité des droits de l'enfant des Nations Unies chargé de l'examen de la mise en œuvre de la Convention relative aux droits de l'enfant au Canada.

Le rapport du Conseil, Le Canada doit mieux faire : Aujourd'hui et demain, démontre que les Autochtones sont surreprésentés dans le système de justice pénale pour adolescents et de la protection de la jeunesse. Le rapport identifie aussi que ces jeunes éprouvent plus de problèmes de santé, qu'ils accusent aussi un sérieux retard en matière de réussite scolaire par rapport aux autres enfants du pays, en plus d'être fortement exposés au risque d'exploitation sexuelle et de violence. De plus, leurs taux de décès et de blessures sont considérablement plus élevés.

« On observe des écarts considérables entre les conditions de vie des Autochtones et des autres jeunes au Canada », a affirmé la présidente du CCDEJ, Mary Ellen Turpel-Lafond. « Nous croyons qu'il s'agit de l'enjeu des droits de la personne le plus important, mais aussi le plus négligé au pays. Pour respecter nos responsabilités envers tous les enfants, il nous faut un programme national axé sur les résultats, centré sur les droits de l'enfant et qui nous permette de mesurer les progrès. »

Une plus grande attention aux dossiers touchant les enfants et une reddition des comptes efficace sont nécessaires pour améliorer le bien-être et les conditions de vie des tous les enfants au Canada, selon le rapport du Conseil.

« Ce rapport fait écho à plusieurs des mêmes recommandations faites dans notre rapport Main dans la main, qui a examiné le bien-être des enfants autochtones au Nouveau-Brunswick, a déclaré M. Whalen. Les jeunes autochtones de cette province ont besoin, aujourd’hui, de soutien tangible de leurs gouvernements à Fredericton et à Ottawa. Il est temps que nous développions des initiatives concrètes qui placent les droits et le bien-être de nos jeunes par-dessus tout. »

Le CCDEJ a également appelé le gouvernement du Canada à signer le nouveau Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant des Nations Unies, adoptée par l'Assemblée générale des Nations-Unies en décembre. Le protocole établit un mécanisme de plaintes pour des violations des droits des enfants.

« Le Canada s'est positionné comme chef de file mondial en ratifiant la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant. En signant ce nouveau Protocole facultatif, et en démontrant sa volonté à le ratifier, le Canada se placera une nouvelle fois au premier rang de la scène internationale en tant que défenseur de la mise en œuvre des droits de l'enfant. »

Le rapport du CCDEJ est disponible en ligne.

LIEN :

●    Conseil canadien des défenseurs des droits des enfants et des jeunes