Gouvernement du Nouveau-Brunswick
 

Réflexion sur les principes

La politique du Nouveau-Brunswick sur le multiculturalisme concerne tous les Néo-Brunswickois. Elle a pour objectif de promouvoir les droits à l'égalité de tous les citoyens de toutes les cultures. En outre, elle témoigne de l'engagement de la province à vouloir faire régner l'égalité dans des domaines tels que les droits de la personne, l'expression culturelle ainsi que l'intégration et la participation à la société néo-brunswickoise.

Le Code des droits de la personne du Nouveau-Brunswick, la Loi canadienne sur les droits de la personne et la Charte des droits et libertés garantissent des droits égaux aux Néo-Brunswickois. La Charte protège les droits des peuples autochtones qui sont reconnus et confirmés dans la Constitution du Canada. En outre, la Charte contient une disposition stipulant que toute interprétation de celle-ci "doit concorder avec l'objectif de promouvoir le maintien et la valorisation du patrimoine multiculturel des Canadiens". Une politique officielle de multiculturalisme dans un cadre bilingue adopté par le gouvernement fédéral, reconnaît que tous les patrimoines ethno-culturels ont une place légitime au Canada. De même, la politique sur le multiculturalisme du Nouveau-Brunswick reconnaît la grande valeur de la diversité culturelle dans le contexte du bilinguisme officiel de la province.

Le Nouveau-Brunswick souhaite confirmer que les différentes cultures et leurs diverses valeurs ont une place légitime et met aussi l'accent sur le fait qu'elles forment l'une des composantes de la société néo-brunswickoise.

La province comprend et respecte le désir des divers groupes ethno-culturels et des particuliers qui souhaitent conserver et mettre en valeur leur patrimoine culturel. Toutefois, elle se rend compte que certains groupes et particuliers ne tiennent peut-être pas à resserrer les liens qui les unissent avec leur pays et leur culture d'origines. C'est une décision qu'elle respecte entièrement.

Dans sa politique sur le multiculturalisme, la province cherche à réaliser une union qui ne nuira pas à la diversité culturelle et ne la supprimera pas, mais qui en tiendra compte et la surpassera. Elle veut cependant s'assurer aussi qu'en encourageant et en reconnaissant la diversité culturelle, les différences qui apparaissent ne deviennent pas des motifis de discrimination, c'est-à-dire des obstacles pour les personnes qui souhaitent s'intégrer à la collectivité.

 

 

Principes

La politique du Nouveau-Brunswick sur le multiculturalisme est fondée sur les principes suivants : 1) l'égalité, 2) la reconnaissance, 3) la conservation des patrimoines culturels, et 4) la participation. Les rapports entre les communautés culturelles minoritaires et majoritaires reposent sur ces principes.

1) Égalité :

Pour que les citoyens puissent participer à part égale à la société, il faut que le principe de l'égalité pour tous sans distinction de race et d'origine nationale ou ethnique soit respecté. En acceptant ce principe, tous les hommes et toutes les femmes reconnaissent qu'ils ont des droits et des obligations. En plus, cela signifie que chacun s'engage à promouvoir une société dans laquelle les minorités de différentes races et ethnies peuvent vivre à l'abri de l'exploitation ou de la discrimination, une société dans laquelle tous les hommes et toutes les femmes doivent s'attendre à faire leur part et à jouer un rôle actif.

2) Reconnaissance :

L'histoire du Nouveau-Brunswick démontre que la province a fait de nombreux efforts pour établir des rapports harmonieux entre les divers groupes ethno-culturels. Certains progrès ont été accomplis, mais il faut continuer à relever les défis auxquels doit répondre une société multiculturelle lorsqu'elle devient une unité sociale structurée. Les rapports doivent être marqués par la tolérance, la compréhension et la reconnaissance et il doit exister une connaissance réciproque des valeurs culturelles et de la façon dont elles s'expriment dans les institutions et dans les relations de tous les jours qu'entretiennent les divers groupes ethno-culturels. En définitive, la reconnaissance de la diversité culturelle exige la mobilisation de toutes les ressources humaines de manière à enrichir les nombreux aspects de la vie dans la province.

3) Conservation des patrimoines culturels :

Pour de nombreuses personnes, la conservation de leur patrimoine culturel est très importante parce qu'elle leur permet de mieux se connaître et de s'identifier à un groupe. Quant aux nouveaux venus leur appartenance à une autre culture peut servir à établir un lien avec des expériences antérieures et les aider à franchir les premiers pas vers leur société adoptive. Pour tous les Néo-Brunswickois, la connaissance de la diversité culturelle qu'offre la province est essentielle à la bonne compréhension de leurs concitoyens. La conservation et le partage des patrimoines culturels constituent une force vitale créatrice dans l'évolution de la société néo-brunswickoise qui contribue à améliorer les rapports entre les groupes culturels et permet, à part égale, la pleine participation de tous les citoyens à la société.

4) Participation :

Étant donné l'expérience variée ainsi que la multitude et l'éventail des dons que possèdent les différents groupes culturels, ils représentent un potentiel humain important pour le développement économique et social de la province. Il incombe à la province de s'assurer que tous ont accès aux services, aux emplois, et aux organismes sociaux et gouvernementaux et ce, sans distinction de race et d'origine ethnique, afin que chacun puisse participer librement au processus démocratique inhérent à la société néo-brunswickoise.

 

 

Mesures à prendre

Les quatre principes généraux : l'égalité, la reconnaissance, la conservation des patrimoines culturels et la participation forment la pierre angulaire de la politique du Nouveau-Brunswick sur le multiculturalisme. Chacune des sphères du gouvernement est imbue de ces principes qui touchent tous les Néo-Brunswickois quelle que soit leur origine culturelle. L'application de la politique sur le multiculturalisme ne peut se faire sans l'éducation, la compréhension, l'interaction, la coopération et l'entraide de tous les citoyens dans les différentes communautés. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick prendra des mesures visant à :

  1. Assurer le respect et la mise en pratique des principes énoncés dans le Code des droits de la personne du Nouveau-Brunswick;
  2. Éliminer la discrimination fondée sur la race et l'origine ethnique par des moyens qui permettront de trouver et de supprimer les barrières sociales empêchant une pleine participation de tous à part égale;
  3. Aider les nouveaux venus à repérer et à surmonter les obstacles culturels empêchant leur pleine participation à part égale;
  4. Faciliter l'accès aux services et aux établissements publics et privés dans l'une ou l'autre des deux langues officielles de la province;
  5. Sensibiliser davantage le public au caractère multiculturel de la société néo-brunswickoise et favoriser la compréhension à cet égard au moyen d'activités éducatives;
  6. Garantir à tous, dans un esprit de tolérance et d'acceptation, la liberté de choix en matière d'expression et d'engagement culturels;
  7. Encourager la conservation, la promotion et le partage des patrimoines culturels dans tous les groupes culturels;
  8. Tirer avantage de la diversité des ressources humaines dont dispose le Nouveau-Brunswick pour améliorer le développement social et économique de la province;
  9. Encourager les citoyens à participer à tous les aspects de la vie néo-brunswickoise.

 

 

Mise en application

La politique du Nouveau-Brunswick sur le multiculturalisme témoigne de l'engagement du gouvernement à vouloir garantir à tous les citoyens, sans distinction de race et d'origine ethnique ou nationale, des droits à l'égalité en matière de traitement, d'accès aux services et de participation aux avantages offerts par la société néo-brunswickoise.

Le ministre du gouvernement du Nouveau-Brunswick chargé d'appliquer la politique sur le multiculturalisme et les membres de son ministère s'appuieront sur la participation et la consultation suivie de la communauté multiculturelle. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick créera un comité consultatif ministériel représentant tous les groupes culturels pour le conseiller sur des questions ayant trait au caractère multiculturel de la société néo-brunswickoise.

Toutes les organisations et associations provinciales ou régionales enregistrées sans but lucratif qui s'intéressent directement au caractère multiculturel de la société néo-brunswickoise peuvent proposer, si elles le souhaitent, le nom de personnes aux fins de nomination au comité consultatif ministériel.

Le ministre chargé du multiculturalisme, sur l'avis de la communauté multiculturelle, peut décider ou non de nommer d'autres membres pour siéger au comité afin d'en assurer une représentation équitable.

Les membres nommés au premier comité consultatif ministériel seront répartis en deux groupes : la moitié des membres recevront un mandat de deux ans et l'autre moitié, un mandat de trois ans. La décision concernant la durée du mandat initial sera laissée à la discrétion du ministre chargé du multiculturalisme.

Par la suite, les membres seront nommés au comité pour une durée de deux ans.

Lorsqu'un poste devient vacant, un remplaçant peut être nommé pour combler la vacance jusqu'à l'expiration du mandat.

Le comité consultatif ministériel choisira, tous les deux ans, un président parmi les membres.

Le président du comité consultatif ministériel convoquera des réunions au moins tous les trois mois.

Le comité consultatif ministériel assumera les fonctions suivantes :

  • Étudier les lignes de conduite, les programmes et les activités qui ont un rapport avec la mise en application de la politique du Nouveau-Brunswick sur le multiculturalisme et faire des recommandations au ministre chargé du multiculturalisme;
  • Fournir de l'information et des conseils au ministre chargé du multiculturalisme quand le comité le juge opportun ou lorsque le ministre le demande;
  • Repérer de façon suivie les besoins et les préoccupations des minorités ethno-culturelles et faire des recommandations sur des questions touchant le multiculturalisme;
  • Soumettre un rapport annuel au Cabinet par l'entremise du ministre chargé du multiculturalisme.