FREDERICTON (GNB) – La déclaration suivante a été émise par la présidente de la Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick, Nathalie Chiasson, à l’occasion de la Journée nationale des Autochtones, le 21 juin :

Aujourd’hui marque le début de l’été et de la période de 12 jours des Journées du Canada en fête, qui commence par la Journée nationale des Autochtones et qui se poursuit jusqu’à la fête du Canada. Il est logique que cette période commence par une célébration du patrimoine, des cultures diverses et des réalisations remarquables des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Il est aussi logique que le thème de la célébration de cette année soit la résilience.

Alors que nous nous rapprochons du 150e anniversaire du Canada, nous devons garder à l’esprit que notre histoire, celle du Canada et celle du Nouveau-Brunswick, a commencé bien avant la Confédération. Notre histoire écrite commence par les premiers habitants de ce territoire qui ont accueilli des étrangers sur leurs rivages. Les premiers habitants ont fourni des terres aux colons, se sont livrés au commerce, ont conclu des traités de paix et d’amitié, ont partagé leurs connaissances et leurs outils pour les aider à survivre dans ce pays et ont combattu dans les guerres coloniales. Le commerce de la fourrure, principal moteur économique pendant plus de 250 ans dès l’arrivée des colons, a ouvert le continent à l’exploration ainsi qu’à la colonisation. Le commerce de la fourrure reposait également en grande partie sur la participation et la coopération des peuples autochtones. C’est une telle coopération avec les peuples autochtones qui a permis de jeter les fondements du Canada.

Toutefois, à l’époque de la Confédération, la situation avait changé. En 1867, il n’y avait pas de place réservée aux peuples autochtones lors des discussions ayant mené à la formation de la Confédération. Il ne faut pas oublier que notre pays est né et s’est développé sans reposer sur l’égalité, le respect et la diversité à l’endroit des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Peu après le début de la Confédération, la Loi sur les Indiens a été adoptée, retirant le statut d’Indien à ceux qui avaient fréquenté l’université et interdisant aux Autochtones le droit de voter, de recourir aux services d’avocats afin de lutter pour leurs droits fonciers, de sortir des réserves et même de prendre part à des activités culturelles. Dans leur propre pays, les Autochtones ont dû s’assimiler, abandonner ou perdre leur culture, leur religion, leur langue, leur territoire et leur pouvoir et ont dû s’intégrer au reste de la population.

À l’occasion de cette Journée nationale des Autochtones, nous célébrons la résilience des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Nous célébrons la résilience qui ravive des langues qui avaient presque complètement disparu. Nous célébrons la résilience qui a permis de dire la vérité au sujet de ce qui se passait dans les pensionnats autochtones et d’attirer l’attention sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, l’espérance de vie plus faible et le mauvais état de santé. Nous célébrons la résilience des communautés qui ne se contenteront pas de rester muettes face au taux écrasant de pauvreté et de désespoir, ou aux taux disproportionnés d’incarcération, de suicide et de décrochage au secondaire. Nous célébrons la résilience incroyable qui a changé l’orientation du Canada et a donné lieu à un engagement national à renouveler les relations de nation à nation avec les peuples autochtones, en se fondant sur les droits, le respect, la coopération et le partenariat.

Je vous encourage à entretenir l’esprit de cette Journée nationale des Autochtones toute l’année. Trouvez des possibilités de faire l’expérience et la découverte des cultures micmaque et malécite ici même, au Nouveau-Brunswick. Participez aux pow-wow, aux festivals et aux autres manifestations culturelles autochtones qui offrent des possibilités de partager et de vivre la culture, les traditions et l’histoire des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

La Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick célèbre elle-même son 50e anniversaire cette année. Elle comprend l’importance de la résilience afin de défendre les droits de chacun et d’étendre nos connaissances et nos mesures de protection en ce qui concerne les droits de la personne. Les droits de la personne reposent sur le respect de la dignité et de l’humanité de tous. Depuis 1967, la Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick se porte à la défense des droits de la personne et elle les fait valoir, s’oppose à la discrimination et accueille la diversité. Nous célébrons la résilience des peuples autochtones qui continuent d’enrichir notre province et notre pays en défendant les droits de la personne.