Gouvernement du Nouveau-Brunswick

Si vous travaillez, vivez ou êtes de passage dans un secteur où des populations de tiques sont établies, vous devez prendre les précautions nécessaires.

Bien qu’une morsure de tique infectée puisse survenir n’importe où au Nouveau-Brunswick, le risque est plus élevé dans les zones où les populations de tiques à pattes noires sont établies et dans les zones où elles semblent être établies. Puisqu’il est difficile de définir les limites géographiques de l’établissement des populations de tiques et que les tiques à pattes noires se répandent dans la province, les zones les plus à risque ont été définies par comté.

Vous trouverez ci-dessous une carte estimative des zones à risque qui a été établie en fonction des données de surveillance provinciale des tiques et des rapports sur les maladies humaines. Parmi les comtés se trouvant dans la zone la plus à risque, où des populations de tiques à pattes noires sont établies, mentionnons :

  • le comté de Charlotte;
  • le comté de Saint John;
  • le comté de Kings;
  • le comté d’Albert;
  • le comté de Westmorland.

 

Zone à risque pour la maladie de Lyme au Nouveau-Brunswick
Figure 1 : Zones à risque ou les populations de tiques sont établies ou émergentes au Nouveau-Brunswick.

La maladie de Lyme est une grave affection causée par la bactérie Borrelia burgdorferi, un spirochète transmis par certaines espèces de tiques du genre Ixodes. Dans l’est du Canada, elle se transmet par la piqûre de tiques à pattes noires (Ixodes scapularis) infectées. Les tiques à pattes noires peuvent transmettre d'autres pathogènes, par exemple l’anaplasmose, la babésiose et le virus Powassan.

 

Des patients peuvent avoir peu ou pas de symptômes, mais la plupart se présentent dans l’un des trois stades qui parfois se chevauchent :

  • Stade localisé précoce de la maladie
  • Stade disséminé précoce de la maladie
  • Stade disséminé tardif de la maladie

Habituellement, la maladie de Lyme au stade localisé précoce (moins de 30 jours*) se présente comme une maladie aiguë caractérisée par des manifestations systémiques – fièvre, arthralgies, maux de tête et éruptions cutanées – et la présence d'une seule lésion cutanée localisée, appelée érythème migrant (EM). Chez la plupart des patients, l’EM apparaît dans les 7 jours suivant la piqûre de tique initiale. Cependant, la période d'incubation peut varier de 3 à 30 jours. La lésion cutanée apparaît chez environ 80 % des patients. Elle est caractérisée par une macule érythémateuse annulaire de plus de 5 cm de diamètre qui s'étend lentement. La lésion s’éclaircit parfois en son centre, mais elle peut être uniformément érythémateuse. Elle est généralement indolore et non prurigineuse.

Le stade disséminé précoce de la maladie (moins de 3 mois*) peut apparaître si la maladie n'est pas traitée étant donné que la bactérie se disperse par la circulation sanguine vers d'autres parties du corps où elle endommage les tissus corporels. Les manifestations systémiques comprennent : fièvre, arthralgies, maux de tête et lymphadénopathie. Les symptômes cutanés incluent des lésions d’EM multiples. Les symptômes cardiaques comprennent : bloc atrioventriculaire, tachyarythmies, myopéricardite et dysfonctionnement myocardique. Les symptômes du système nerveux central comprennent : méningite aseptique, neuropathie crânienne (en particulier, paralysie du nerf facial) et radiculoneuropathie motrice et sensorielle. D'autres manifestations peuvent aussi se produire, notamment une conjonctivite.

Le stade disséminé tardif de la maladie (plus de 3 mois*) peut durer des mois ou même des années si la maladie n'est pas traitée. Les symptômes musculosquelettiques incluent l’arthrite oligoarticulaire. Les symptômes du système nerveux central comprennent : encéphalopathie, polyradiculoneuropathie axonale et encéphalomyélite chronique. Des manifestations oculaires comprennent une rétinite.

*Nota : Ces indications sont d’ordre général. Des exceptions sont possibles.

Certaines personnes traitées pour la maladie de Lyme continuent de présenter des symptômes pendant des mois à des années après le traitement. Une telle affection est appelée « syndrome post-maladie de Lyme » (SPML). La cause exacte du SPML n’est pas encore connue. La majorité des experts médicaux croient que les symptômes persistants découlent de dommages aux tissus et au système immunitaire survenus durant l’infection. Des études sont en cours pour déterminer la cause du SPML. Si vous ne vous sentez toujours pas bien après avoir reçu un traitement pour la maladie de Lyme, consultez votre médecin pour savoir comment atténuer vos souffrances et composer avec les symptômes au moyen des meilleurs outils disponibles. De tels outils comprennent l’adoption d’un régime alimentaire sain ainsi que le fait de se reposer suffisamment et de faire régulièrement de l’exercice. Cherchez à obtenir du soutien auprès de votre famille, de vos amis et d’autres personnes qui peuvent vous aider à trouver des façons de gérer votre vie et de faire face aux symptômes. L’état des patients atteints du SPML s’améliore presque toujours au fil du temps; cependant, des mois peuvent être nécessaires avant d’obtenir un rétablissement complet.

 

Si le patient se présente avec une tique toujours attachée, il faut retirer celle-ci au moyen de pincettes à extrémités moyennes, à angle et arrondies. La région de la piqûre doit être examinée attentivement afin de veiller à ce que le rostre en entier ait bien été retiré. Chez les patients ayant subi une piqûre de tique et pour lesquels on éprouve des préoccupations, il faut surveiller de près les symptômes du stade localisé précoce de la maladie, pendant une période pouvant atteindre 30 jours. Notons qu’une éruption érythémateuse en présence d’une tique toujours attachée à la peau ou apparaissant dans les 48 heures suivant le retrait de la tique constitue habituellement une réaction d’hypersensibilité à la piqûre. Une telle réaction a habituellement un diamètre de moins de cinq centimètres, elle peut ressembler à de l’urticaire et elle commence normalement à disparaître en 24 à 48 heures.

Il n’est pas nécessaire de faire une analyse diagnostique avant de commencer à traiter un patient au stade localisé précoce de la maladie de Lyme (érythème migrant). Un diagnostic présumé peut être posé en se fondant sur le tableau clinique, la saison et des antécédents d'exposition à des tiques à pattes noires infectées.

L'analyse diagnostique convient dans les cas où les personnes présentent des symptômes du stade localisé précoce de la maladie (érythème migrant) en dehors de la saison ou si elles n’ont aucun antécédent connu d'exposition à des tiques à pattes noires infectées, par exemple dans une zone à risque ou endémique.

L'analyse diagnostique convient également dans les cas d’atteintes neurologiques, cardiaques ou articulaires caractéristiques.

L'analyse sérologique en deux volets est un outil approprié qui comprend un test de dépistage par essai immunoenzymatique (EIA) et un test de confirmation par transfert Western (si l’EIA est positif ou équivoque).

Pour l'érythème migrant (phase aiguë) sans exposition dans une zone endémique, l'analyse sérologique en deux volets (avec répétition du dosage EIA après quatre semaines en cas de résultat négatif) est recommandée et le traitement est à la discrétion du médecin.

Les laboratoires de diagnostic de partout au Canada ont mis en place des systèmes qui sont reconnus par des organismes d’accréditation. Cela s’applique à toutes les procédures réalisées dans le laboratoire, incluant l’analyse sérologique de la maladie de Lyme et les tests pour les autres maladies. Ces laboratoires doivent prendre part à des essais d’aptitudes externes pour s’assurer de maintenir des résultats de qualité élevée, et ils doivent être homologués par le gouvernement fédéral.

Les lignes directrices des laboratoires canadiens pour le diagnostic de la maladie de Lyme respectent les normes internationales actuelles. Elles sont également conformes aux directives adoptées par les autorités de santé publique aux États-Unis et en Europe. Des professionnels de la santé publique de ces pays craignent que certains laboratoires privés et à but lucratif puissent ne pas utiliser des analyses correctement validées ou les normes recommandées pour l'interprétation des résultats d'analyse.

Une réinfection par Borrelia burgdorferi est-elle possible?

La réinfection est une récurrence de symptômes due à une nouvelle exposition à une tique infectée qui provoque une nouvelle infection.  Une réinfection peut se produire chez 2 à 21 % des patients vivant dans des régions d'endémie ayant des antécédents de maladie de Lyme.  Une réinfection est généralement caractérisée par l'apparition d'un érythème migrant à un endroit différent de la lésion initiale, plus de 1 à 2,5 ans après l'infection initiale, jamais dans les 11 mois suivant la première infection.

Le diagnostic en laboratoire de la réinfection pose un véritable défi car la sérologie, y compris le dosage des lgM, peut rester positive pendant de nombreuses années. Le diagnostic repose sur la présence constatée d'un nouvel érythème migrant à un site différent de la lésion initiale.

 

Les cas cliniques soupçonnés de la maladie de Lyme et les cas confirmés en laboratoire doivent être signalés à la Santé publique conformément au règlement (par écrit dans les sept jours). 

 

HATCHETTE, T. F., I. DAVIS et B. L. JOHNSTON. « La maladie de Lyme : Diagnostic clinique et traitement », Relevé des maladies transmissibles au Canada, vol. 40, no 11 (mai 2014), p. 215-231.

LINDSAY, L. R., K. BERNAT et A. DIBERNARDO. « Diagnostic en laboratoire de la maladie de Lyme », Relevé des maladies transmissibles au Canada, vol. 40, no 11 (mai 2014), p. 232-241.

« The laboratory diagnosis of Lyme borreliosis: Guidelines from the Canadian Public Health Laboratory Network », Canadian Journal of Infectious Diseases & Medical Microbiology = Journal canadien des maladies infectieuses et de la microbiologie médicale (en ligne), 2007, vol. 18, no 2, p. 145-148. Dans Internet : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2533539/

WORMSER, G. P., R. J. DATTWYLER, E. D. SHAPIRO, J. J. HALPERIN, A. C. STEERE, M. S. KLEMPNER, P. J. KRAUSE, J. S. BAKKEN, F. STRLE, G. STANEK, L. BOCKENSTEDT, D. FISH, S. DUMLER, et R. B. NADELMAN. « The Clinical Assessment, Treatment and Prevention of Lyme Disease, Human Granulocytic Anaplasmosis, and Babesiosis: Clinical Practice Guidelines by the Infectious Diseases Society of America », Clinical Infectious Diseases, vol. 43 (2006), p. 1089-1134.