Gouvernement du Nouveau-Brunswick
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L'histoire de l'agriculture au Nouveau-Brunswick débute avec la colonisation de la région appelée Acadie par les Français en 1604.  À cette époque, la population autochtone vivait de la terre et, à l'exception de la culture du maïs sur de petites parcelles de terrain, préférait vivre en nomade pour assurer sa subsistance plutôt que de se livrer à l'agriculture.

Les palais royaux d'Europe étaient enthousiasmés sur les rapports des premiers voyageurs qui découvrirent le Nouveau Monde. Les rêves de richesse et d'empire avaient le pouvoir de séduire les courtisans du siècle naissant et d'exciter les esprits aventureux qui voyaient les possibilités de commerce avec les autochtones, de même que l'occasion de fonder des colonies.

Ces ambitions, particulièrement en France et en Angleterre, entraîneront des guerres et des troubles politiques pour des années à venir, tandis que la lutte pour créer des empires coloniaux se poursuivrait dans une bonne partie du nord-est de l'Amérique du Nord. Mais cette période turbulente donnerait le jour à de nouvelles nations et à une société nouvelle.

Bien que les Français se soient établis à divers endroits dans la région que nous appelons maintenant le Nouveau-Brunswick, l'agriculture n'occupait pas une place prédominante.

Les anciens documents indiquent que les colons cultivaient, pour eux-mêmes et leur bétail, le seigle, le lin, l'orge, le chanvre et le maïs sur les terrains marécageux. Le recensement de 1689, effectué par un prêtre et envoyé en France, indiquait pour la région de Chignectou, une population de 73 hommes, femmes et enfants. Ces gens avaient augmenté leur cheptel qui se composait alors de 188 bêtes à cornes, 157 moutons et 85 porcs et ils pratiquaient la culture sur 87 arpents de terre (environ 130 acres).

Le sieur de Lamothe Cadillac, qui a fondé plus tard la ville de Détroit, visita la région durant les années 1690 et nota que la culture de tabac se faisait bien. Au sujet du sol, il écrivit que l'herbe atteignait la taille d'un homme.

Un recensement de 1695 présente la région de Jemseg avec environ 65 acres de terres cultivées, 22 «bêtes à cornes», 50 porcs et 150 oiseaux de basse-cour. Le blé poussait bien dans la région, mais les merles venaient en bandes dans les champs et détruisaient une bonne partie de la récolte avant la saison de la moisson.

L'année 1755 marqua la fin de l'empire colonial français en Acadie. Les pertes dans la région acadienne étaient plus grandes qu'elles ne semblaient l'être au début. Les progrès agricoles cessèrent après les succès initiaux qui suivirent l'expérience de Port-Royal. Les Acadiens furent abandonnés par leur gouvernement et perdirent contact avec la mère patrie. On recevait de moins en moins de nouvelle machinerie, ni de semences ou de bétail et l'exploitation agricole se fit de moins en moins importante au fur et à mesure que les Acadiens se livrèrent à la pêche pour gagner leur vie.

Ce résumé de l'histoire de l'agriculture au Nouveau-Brunswick est extrait d'un ouvrage intitulé "Vivre de la terre", l'histoire de l'agriculture au Nouveau-Brunswick, par E. B. DeMerchant (1983).