Gouvernement du Nouveau-Brunswick

Les différentes propriétés physiques et chimiques du sol influent sur la productivité de la culture. Il est relativement facile de modifier les propriétés chimiques et la réaction du sol en ajoutant des engrais, des amendements organiques et de la chaux. Par contre, la modification des caractéristiques physiques du champ peut s'avérer plus difficile, voire impossible. Il importe donc de bien choisir le champ de culture, c'est-à-dire faire correspondre les caractéristiques physiques du champ aux besoins de la culture. On peut alors utiliser de précieux outils de gestion comme les rapports d'analyse du sol, les cartes, les études sur place du profil de sol et l'expérience des producteurs. Le tableau suivant peut vous aider dans la sélection du champ, car il précise et quantifie les principales caractéristiques physiques du sol qui influent sur le rendement de la culture.

 

FACTEUR BON PASSABLE NON RECOMMANDÉ
Texture superficielle Loam
Loam sableux
Loam sablo-argileux
Loam limoneux
Sable loameux Gravier
Sable
Argile sableuse
Loam limono-argileux
Loam argileux
Argile limoneuse
Limon
Argile
Profondeur de la couche compacte Plus de 40 cm De 20 à 40 cm Moins de 20 cm
Profondeur de l'assise rocheuse Plus de 75 cm De 40 à 75 cm Moins de 40 cm
Drainage Bon
Moyen
Rapide
Imparfait
Mauvais
Très mauvais
Pente (%) Moins de 5 degrés De 5 à 9 degrés Plus de 9 degrés
Gravier, pierres et cailloux (% volume) Moins de 20 % De 20 à 30 % Plus de 30 %
Affleurements rocheux (% de la superficie) 0 Moins de 10 % Plus de 10 %

Texture superficielle

On entend par texture les proportions relatives de particules de sable, de limon et d'argile qui sont présentes dans le sol. Les pommes de terre poussent bien dans les sols loameux, les loams sableux, les loams sablo-argileux et les loams limoneux. Ces types de sol sont normalement bien équilibrés pour retenir l'eau, former une structure stable, assurer une bonne aération et présenter un régime thermique convenable. Les sols plus sableux ou graveleux présentent un plus grand risque de sécheresse, une moins grande capacité de rétention des éléments nutritifs, et un risque plus élevé de lessivage des éléments nutritifs. Par contre, les sols plus argileux ont tendance à se compacter et à former une croûte, d'où le plus grand risque de résistance au drainage et d'érosion hydrique.

Épaisseur du sol

Les pommes de terre poussent le mieux dans les sols poreux et non compacts, car elles profitent alors de quantités optimales d'eau, d'éléments nutritifs et d'oxygène. Les sols épais offrent aux racines un plus grand volume de sol, qui leur permet de mieux accéder aux éléments nutritifs et à l'eau. Les sols minces limitent la croissance des racines. Une mauvaise croissance racinaire empêche la plante d'obtenir les nutriments nécessaires et de supporter les périodes de stress hydrique, d'où le risque accru de dommage en cas de sécheresse. Ce risque est particulièrement élevé pour les tubercules aux stades de la différenciation et du développement précoce en juin et juillet. La plupart des terres de la région de l'Atlantique ont un sous-sol naturellement compact. En plus de limiter la pénétration et la croissance des racines, les couches compactes restreignent le déplacement de l'eau dans le profil de sol et peuvent créer des nappes d'eau suspendues. L'épaisseur de sol au-dessus de la couche compacte détermine également la sensibilité du sol à une plus grande dégradation causée par le compactage et l'érosion. Environ 80 % des racines des pommes de terre se développent dans la couche supérieure de 30 cm, et le reste des racines se développent à une plus grande profondeur. Le sol idéal a au moins 40 cm d'épaisseur au-dessus de la couche compacte du sous-sol ou 75 cm au-dessus de l'assise rocheuse. Par contre, comme les pommes de terre ont des racines peu profondes, on peut quand même obtenir de bonnes cultures dans des sols moins profonds lorsque les précipitations sont suffisantes. Toutefois, pour la production de pommes de terre, il vaut mieux éviter les champs qui ont moins de 20 cm de sol meuble au-dessus du sous-sol compact, ou moins de 40 cm au-dessus de l'assise rocheuse. Les sols minces ont particulièrement besoin de pratiques agronomiques qui en améliorent la conservation et la qualité.

Drainage

Les sols moyennement et bien drainés conviennent très bien pour la production de pommes de terre. Il est possible de cultiver des pommes de terre dans un sol qui s'égoutte rapidement, mais il pourrait alors s'avérer nécessaire d'utiliser des pratiques agronomiques pour accroître la quantité de matières organiques et la capacité de rétention de l'eau. Lorsque les précipitations sont insuffisantes, on peut obtenir de bons résultats avec l'irrigation. Toutefois, en raison des inquiétudes croissantes au sujet de la pollution causée par les sources diffuses, il faut vérifier si les sols qui s'égouttent rapidement peuvent résister à une contamination éventuelle de l'eau souterraine par des produits chimiques agricoles. Les sols mal drainés peuvent supporter une production de pommes de terre, mais le drainage souterrain peut s'avérer nécessaire pour compenser les limitations causées par l'excès d'eau. Le sol trop humide empêche la libre circulation de l'oxygène nécessaire au bon développement des racines et des tubercules. L'excès d'eau réduit également la biodisponibilité, en plus d'accroître les risques de maladie fongique, de retarder le travail du sol et la plantation au printemps, et d'augmenter le risque de compactage. Les sols mal ou très mal drainés ne doivent pas être retenus pour la culture des pommes de terre.

Pente

La production de pommes de terre n'est pas recommandée dans les sols menacés par l'érosion, à cause du travail du sol nécessaire et de l'absence de couverture végétale au début de la saison de croissance et après la récolte (lorsqu'on n'applique pas de mesures de conservation du sol). L'érosion entraîne la perte de la couche la plus productive et, avec le temps, elle diminue la profondeur d'enracinement et laisse souvent un sous-sol compact, très peu perméable et trop acide pour la production de pommes de terre. Le sous-sol devient non seulement moins productif, mais il est également plus sensible à d'autres attaques de l'érosion. En plus de diminuer la productivité du sol, l'érosion menace la qualité des eaux superficielles avoisinantes. Le risque d'érosion du sol est proportionnel à la longueur de la pente et à l'importance de l'inclinaison. La culture des pommes de terre sur les pentes escarpées présente un grand risque d'érosion. Plus la pente est forte, moins le champ est apte à la production de pommes de terre. Les meilleurs endroits pour cette production ont une pente de moins de 5 %. Il n'est pas nécessaire d'appliquer des mesures techniques de conservation du sol à ces endroits, à moins que la pente soit trop longue. On peut produire des pommes de terre sur une pente de 5 à 9 %, mais il faut alors appliquer des mesures agronomiques et techniques de conservation du sol pour atténuer le risque d'érosion. Les pentes de plus de 9 % ne sont pas recommandées sans la mise en place de mesures de conservation techniques.

Gravier, pierres et cailloux

Le gravier, les pierres et les cailloux peuvent contribuer à réduire les effets du compactage par les machines lourdes, à accroître l'infiltration et à prévenir l'érosion. Toutefois, comme les grosses pierres nuisent à la préparation du sol, qu'elles peuvent endommager l'équipement de récolte et qu'elles augmentent les risques de meurtrissure des tubercules à la récolte, il faut les retirer du champ. Les sols qui renferment plus de 20 % de gravier (d'un diamètre de 7,5 cm ou moins) jouissent de meilleures caractéristiques pour la capacité de rétention de l'eau, l'infiltration de l'eau et le régime thermique. Les sols qui renferment plus de 30 % de pierres ne sont pas recommandés.

Affleurements rocheux

Les affleurements rocheux nuisent à la préparation du sol, à l'ensemencement et à la récolte. Les champs qui renferment plus de 10 % d'affleurements rocheux ne sont pas recommandés pour la production de pommes de terre.