Gouvernement du Nouveau-Brunswick

On retrouve de plus en plus de ruches dans les bleuetières pendant la saison de pollinisation. Il arrive que les ruches soient endommagées par les ours. Ils les détruisent pour obtenir le couvain et le miel. Une fois qu'ils ont découvert cette source de nourriture, ils reviennent à intervalle régulier, en général pendant la nuit. La mise en place de mesures de protection doit se faire dès l'introduction des ruches et avant les premiers dommages. Des moyens de protection mis en place après le début des dégâts s'avèrent la plupart du temps peu efficaces.

Comme moyen de protection, les apiculteurs utilisent avec succès des clôtures électriques. Au Québec, les producteurs de bleuet construisent dans leurs champs des enclos entourés de clôtures carrelées pour protéger les ruches. Lorsque les ruches sont louées pour la pollinisation, le producteur et l'apiculteur devraient déterminer qui va être responsable de l'installation de l'enclos de protection. La dimension d'un enclos est proportionnelle à la quantité de ruches à protéger.

CLÔTURE ÉLECTRIQUE (Figure 1) :

La clôture électrique est certainement le moyen le plus efficace pour protéger les ruches des ours. Ce type de clôture est plutôt une barrière psychologique qu'une barrière physique. Au toucher, l'ours reçoit un choc et ce dernier doit être suffisamment douloureux pour ne pas être oublié. Pour être efficace, la clôture électrique doit être très bien installée. Une bonne mise à terre (ground) est très importante. Consulter votre distributeur pour l'achat d'un système de clôture électrique pour prédateurs. Voici les composantes d'une clôture électrique:

  • Électrificateur (charger). Une gamme d'électrificateurs est disponible pour une variété d'usages. Un électrificateur à batterie est recommandé pour la protection des ruches. Il utilise une pile 12 volts comme source de courant. Il existe aussi des électrificateurs avec un panneau solaire, mais le coût élevé le rend moins intéressant. Avant de choisir un électrificateur à batterie, il faut vérifier la puissance de la boîte, qui est mesurée en joules. Afin de fournir un choc suffisamment douloureux pour éloigner un ours, l'électrificateur doit fournir entre 0.7 et 1.3 joules.

    Placer l'électrificateur et la pile (12 volts) dans une ruche vide à l'intérieur de la clôture électrique afin de prévenir le vandalisme ou le vol de ces pièces.

  • La mise à terre (ground). Lors de conditions sèches, le sol n'est pas un bon conducteur. Sans une bonne mise à terre, le système électrique est inefficace et ne donne pas de choc, même si l'électrificateur est très puissant. Pour y remédier, il suffit d'enfoncer, à 1 m de profondeur, une ou plusieurs tiges galvanisées de 25 mm de diamètre, plantées à tous les 2 m et reliées entre elles. Un autre moyen d'améliorer l'efficacité du système dans des conditions de sol sec est de placer un grillage à poule à 15 cm de la base tout autour de la clôture. Assurez-vous que le grillage ne touche pas aux fils électrifiés. Ce grillage doit être relié à une des tiges de la mise à terre tout près de la clôture.

  • Les fils électrifiés. Le type de fil utilisé sera en fonction du type de clôture. Pour une clôture permanente, un fil métallique de haute tension est recommandé. Dans le cas d'une clôture temporaire, un fil entrelacé de brins métalliques et plastiques «polywire» de haute conductivité est recommandé. Ce système avec «polywire» est rapide à installer et facile à utiliser.

    Pour la protection des ruches, on recommande un nombre minimal de quatre fils installés à 24, 50, 85 et 105 cm du sol. Un raccordement des différents fils doit être fait afin d'assurer que le courant passe dans l'ensemble de ceux-ci. Pour éviter que l'ours passe sa tête entre deux fils, utiliser un appât de lard "bacon" pour l'inciter à toucher le fil électrifié avec son museau ou sa langue. De cette manière, il recevra un choc plus douloureux dont il se souviendra.

  • Les piquets. Les piquets de coins doivent être bien ancrés, tandis que les autres doivent être espacés de 4 m et serviront à délimiter le périmètre de l'emplacement des ruches. Ces piquets pourront être en cèdre, en insultimber ou en métal. Des isolateurs sont nécessaires sauf dans le cas de piquets isolants comme l'insultimber. Les isolateurs empêchent de créer une mise à terre à partir du fil électrifié par l'entremise des piquets.

  • La barrière. La barrière est composée d'un simple ressort ou un fil entrelacé de «polywire » fixé au bout d'une poignée. Le nombre de poignées de la barrière devrait être équivalent au nombre de fils. C'est-à-dire un nombre minimal de quatre.

CLÔTURE CARRELÉE (Figure 2) :

Certains producteurs préfèrent utiliser une clôture à barrière physique non électrifiée. Leur décision est basée sur le coût de la clôture électrique et aussi le nombre de ruchers qu'ils doivent protéger. La clôture carrelée est une clôture permanente. Elle n'est pas électrifiée et doit être très solide afin d'empêcher tout ours d'atteindre les ruches.

Les poteaux. Des poteaux de cèdres de 4 m, enfoncés à 1 m dans le sol à 3 m de distance serviront à délimiter le périmètre de l'emplacement des ruches. Les poteaux de coins doivent être bien ancrés pour résister à la tension du grillage carrelé. La base des poteaux peut être traitée afin de prolonger son utilisation.

Grillage carrelé. Deux séries de grillage carrelé (mailles de 10 cm ou 15 cm), l'une au-dessus de l'autre, sont utilisées pour couvrir la hauteur totale des poteaux. Celle du bas est enfoncée à environ 25 cm dans le sol. Il est très important de les attacher solidement.

La barrière. La barrière donnant accès à l'intérieur de la clôture doit être solide. Elle peut être encadrée avec une charpente en bois ou en métal. L'intérieur du cadre de la barrière peut être fini avec le grillage carrelé.

CONCLUSION


Pour éviter des pertes importantes, une collaboration étroite doit être maintenue entre l'apiculteur et le producteur de bleuet peu importe l'entente qu'ils ont sur la responsabilité de la protection des ruches. Le producteur étant plus présent dans ses champs doit aviser l'apiculteur de tout problème, le plus tôt possible.

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References:
Caron, D. M. et al. 1992. Diseases and Pests of Honey Bees. In The Hive and the Honey Bee (Joe M. Graham, ed.) Dadant & Sons, Hamilton, Illinois. Pages 1083-1151.

Gallagher Power Fencing Systems . Power Fencing, 7th edition.

Vickery, V.R. 1991.The Honey Bee. A Guide for Beekeepers. Particle Press, Pincourt, Qué. 250pp

Rédigé par Bernard Savoie, agr., Technicien en horticulture et John Argall, agr., Spécialiste de la culture du bleuet, ministère de l'Agriculture et de l'Aménagement Rural du N.-B. llustration fourni par Gary Wheaton, technologue en génie, MAARN-B

Hiver 1996